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vendredi 20 novembre 2009

Danse, danse, danse, tant que tu peux - Texte de Vincent Desoutter

Dans une rue commerçante, Lise Duclaux met la danse en vitrine. Dans ce cadre de représentation atypique, trois duos se relaient chaque heure tout au long de la journée et dansent sans relâche. Ils intriguent et captent le regard par leurs tenues criardes. Une énergie certaine et une fièvre se dégagent de cette vitrine. Pourtant, aucun son ne filtre à travers cet écran, ce qui accentue le sentiment de décalage entre la vitrine et la rue. Mis en exposition, les danseurs ne sont pas dans la recherche de technicité. C'est dans un rapport ludique et immédiat que la danse interpelle. La démarche ne laisse que rarement indifférent. Interrogeant notre rapport à la représentation, Lise Duclaux investit un espace public où l'intervention de la danse passe pour accidentelle.
Par jeu de miroir, le spectacle se propage rapidement à la rue. Les réactions des passants sont très diverses. Certains passent en levant le nez et haussant les sourcils, certains s'arrêtent pour contempler un instant et s'interrogent, d'autres encore vont jusqu'à provoquer les danseurs en duel... Des automobilistes font marche arrière ou ralentissent; un autre s'arrête pour observer les gens massés de l'autre côté de la rue, face à la vitrine. Et redémarre sans saisir ce qui capte justement l'attention... «Mais c'est quoi le but?», s'interroge une femme d'un certain âge, candide. Cette seule réaction en dit long: la question de la finalité devient fin en soi; et l'installation de prendre tout son sens. Une vitrine-miroir, dédiée à tous ceux qui croiraient encore que le comique se trouve uniquement du côté de la représentation, et qu'il faut toujours du sens, que le spontané ne suffit pas...

mercredi 18 novembre 2009

Installations urbaines - Texte de Ludivine Joinnot

Installations urbaines *
la rue, un lieu de passage où le promeneur s’interroge
curiosité de celui qui ne sait pas et prête son regard
à ce qu’il voit
indifférence de l’autre qui passe son chemin
liberté de chacun de s’arrêter ou pas
de rêver, de s’émerveiller, de s’émouvoir
de ne pas aimer, de trouver cela ridicule ou trop peu ordinaire


des danseurs s’amusent à improviser des pas
dans la vitrine d’un commerce
une femme cherche à s’enflammer
en face de l’hôtel-de-ville
un espace surplombe la ville
diffusion de mots dans des haut-parleurs


la ville prend des airs de fête
les rues s’emballent et dansent
dommage que cela ne dure qu’un temps, petit...



* Un texte en réponse/souvenir à trois performances de la Biennale, dans trois lieux différents de Charleroi: Street performance de Gwendoline Robin, Danse, danse, danse, tant que tu peux de Lise Ducloux et Stations urbaines de Maya Bösch

mardi 17 novembre 2009

Danse, danse, danse, tant que tu peux - Texte de Julie Pirlot

Un couple de danseurs dans une vitrine de magasin, en pleine rue Neuve. Aucune indication à l’horizon... Quoi de plus intriguant? C’est ce que cherche la plasticienne Lise Duclaux: attirer la curiosité des gens, des passants, et les inviter à sortir de leur bulle… Et de fait, les gens s’arrêtent, s’interrogent, s’étonnent, certains rient, d’autres regardent à peine, voire n’osent pas s’arrêter et passent leur chemin. Quant aux automobilistes, certains ralentissent, bloquent la rue, même, pour mieux observer ce jeu de danse. Le spectacle finit par être autant dans la rue que dans la vitrine.
Deux adolescents, complices, qui dansent et s’amusent dans leur chambre, sans penser à ce qui existe autour d’eux, telle est l’image de cette performance insolite. Elle attire le regard et s’affiche dans la ville comme un écran de cinéma. Rire: l’envie la plus spontanée quand on voit ces deux danseurs s’éclater sur de la musique… qu’on n’entend pas!
Leurs lèvres bougent comme pour articuler les paroles d’une chanson, leurs corps dansent sans cesse dans des rythmiques changeantes… Quelques indices qui laissent comprendre l’étendue de leur mix personnel. Ici, on sent des accents rock, là des embrasements de tango, là encore la pêche de l’électro… Place à l’imagination! Envie de les accompagner, de danser, de se montrer, en plein milieu d’une rue commerçante.
Ils dansent, dansent, dansent! Et la bonne humeur peut envahir à tout moment les passants qui chercheraient de la couleur dans une ville grise.